Traumatismes sexuels et reconstruction

Thème de la semaine : Traumatismes sexuels et reconstruction 

  • Viols…
  • Agressions sexuelles…
  • Inceste…

Tous ces fléaux gangrènent notre société et affectent la vie de (très) nombreuses victimes. Et pourtant, ces violences sexuelles constituent des sujets tabous dont on ne parle pas (ou qu’on n’ose pas en parler).

J’ai moi-même été victime de violences sexuelles (plus précisément de viol) durant mon enfance et cela a considérablement affecté mon rapport aux gens et surtout aux hommes, à l’amour et au sexe. Si toi aussi tu as été victime de violences sexuelles, sache que tu n’es pas seule. À travers cet article, je souhaite faire passer ce message d’espoir : On peut se reconstruire.

Je sais que ce que tu as vécu est extrêmement traumatisant. J’ai conscience que ton parcours de guérison n’est pas de tout repos. J’ai également conscience que ce que tu as vécu ne pourra jamais s’effacer de ta mémoire. Sache que tu peux te reconstruire.

Aujourd’hui, je ne peux pas dire que je suis totalement reconstruite mais je suis parvenue à accepter mon vécu et me faire accompagner par des professionnels. Dans les prochaines lignes je vais te donner des conseils et des pistes en tant que survivante de violences sexuelles, qui vont te permettre d’entamer ton parcours de reconstruction en douceur. Il ne s’agit pas pour moi de te donner des injonctions à faire quoi que ce soit. Le plus important est que tu avances à ton rythme et que tu fasses ce qui est mieux pour toi.

NB : Dans cet article je n’aborderai pas le volet juridique. Porter plainte peut s’avérer extrêmement douloureux et épuisant pour les victimes de violences sexuelles. Si tu ne souhaites pas porter plainte, quelle qu’en soit la raison, c’est totalement ok. Ça n’enlève en rien ton statut de victime et ça ne veut en aucun cas dire que tu “acceptes” ce que tu as vécu.

Je n’ai moi-même pas porté plainte contre la personne qui m’a fait subir ce viol car je n’avais pas la force de “me battre” devant la Justice.

1. Prends conscience que ce qui t’est arrivé n’est pas de ta faute

Tu n’y es pour rien.


J’insiste énormément sur ce point-là :
la culpabilité qu’on peut ressentir en tant que victime de violences sexuelles. Pendant longtemps j’ai eu à culpabiliser pour le viol que j’avais subi dans mon enfance.

J’avais 3 ou 4 ans au moment où j’ai subi ces violences. Je n’étais encore qu’une enfant. Une personne de mon entourage en qui j’avais confiance a abusé de moi. Et pourtant au moment où j’ai réalisé que j’avais été violée (16 ans plus tard, à 19 ans, merci à l’amnésie post-traumatique) je n’ai pas arrêté de me poser ces questions :

“Aurais-je pu faire quelque chose de manière différente pour empêcher cela ?

Est-ce que c’était aussi grave que cela?

“Cela s’est-il réellement passé ou est-ce mon esprit qui fabrique ces images ? »

“Quel était l’intention de mon violeur ? me faire du mal ?

Si tu as été victime de violences sexuelles durant ton enfance, ton adolescence ou ta vie adulte, je comprends totalement ce que tu ressens et tu n’es pas responsable de ce que tu as subi. Tu as été victime et tu n’as pas à te sentir coupable de quoi que ce soit.

Traumatismes sexuels et reconstruction

2. Parle de ce que tu as vécu à une personne de confiance lorsque tu te sentiras prête (et si tu le souhaites) 

Traumatismes sexuels et reconstruction

Cette étape est loin d’être évidente. Comme je l’ai dit plus haut, les violences sexuelles (et les traumatismes qu’ils engendrent) représentent un sujet tabou. Ce n’est pas un sujet qu’on aborde facilement. Je sais que l’on recommande beaucoup aux victimes de ces violences “d’en parler”.

Cependant ça peut s’avérer extrêmement difficile pour plusieurs raisons :

  • On ne sait pas comment la personne en face de nous peut réagir
    • On ne sait pas si la personne en face de nous va nous croire
  • Les souvenirs sont trop douloureux et/ou trop frais pour les ressasser
  • On a peur de mettre un mot sur ce qu’on a vécu
  • On en a parlé par le passé mais la personne en qui on s’est confié face de nous a minimisé voire nié totalement notre vécu. Par conséquent, on n’ose plus en parler
  • On ne veut pas attirer la pitié de nos interlocuteurs.trices

Pour ma part, si j’avais pu garder ce “secret” jusqu’à la fin de mes jours, je l’aurais fait. Mais j’ai ressenti le besoin d’en parler à quelqu’un. J’ai eu besoin d’extérioriser ce qui me rongeait depuis des années.

La première personne à qui j’ai parlé de mon viol c’était une amie. Elle était très choquée de l’apprendre car elle m’avait toujours vu comme cette fille qui passe son temps à rire et qui ne laisse rien paraître.

Elle m’a écoutée attentivement et m’a fait comprendre qu’elle comprenait ce que je ressentais et qu’elle me soutenait. Ce fut un immense soulagement pour moi.

Je tiens tout de même à te rappeler que si tu ne te sens pas prête à en parler à qui que ce soit, c’est tout à fait normal. Ce que tu as vécu est très douloureux et je comprends tout à fait ta réticence à t’ouvrir à quelqu’un sur ce sujet.

Si jamais tu ressens le besoin d’en parler tu peux tout à fait le faire avec une personne de confiance (un.e ami.e, un membre de ta famille, un.e professionnel.le de santé en qui tu as confiance). Le plus important est que tu aies confiance en cette personne et que tu sois à l’aise.

3. Fais-toi accompagner par un.e professionnel.le lorsque tu te sentiras prête

 

Accepter de se faire aider est loin d’être évident lorsqu’on a été victime de violences sexuelles. Si tu ressens une réticence à te faire accompagner par un.e spécialiste, je te comprends tout à fait.  

Entreprendre une thérapie (quelque soit sa nature) c’est non seulement admettre que nous avons besoin d’aide mais aussi devoir se confier et travailler avec une personne qu’on ne connaît pas. Ça peut en effet faire très peur. 

La société n’aide pas non plus. Beaucoup de personnes pensent encore qu’aller voir un.e psy signifie qu’on a forcément des troubles mentaux. C’est totalement faux. Nous allons tous faire face à des difficultés dans nos vies et il y aura toujours des moments où notre santé mentale sera mise à rude épreuve. Donc oui, toute personne peut être amenée à consulter un.e psy au cours de sa vie, qu’elle ait des troubles mentaux ou non.

Ce qui m’a fait prendre conscience que j’avais besoin d’aide c’est mon vaginisme. C’est lorsque j’ai découvert que je souffrais de vaginisme que j’ai compris que je devais me reconstruire par rapport à mon traumatisme. Le premier spécialiste que j’ai consulté est un psychologue que je consultais dans le cadre de la médecine préventive de mon université.

Ce psychologue m’a beaucoup aidé au niveau de la culpabilité que je ressentais et m’a également permis de me réapproprier mon corps. J’avais également consulté un hypnothérapeute (avec lequel je n’ai effectué qu’une seule séance) qui m’a permis de ressentir et me détacher des émotions que j’avais par rapport à mon traumatisme : la peur, l’incompréhension et l’impuissance. Le programme Je guéris du vaginisme ® ️ m’avait en parallèle aussi permis de non seulement guérir de mon vaginisme mais aussi de me guérir moi-même.

Lorsque tu te sentiras prête à entreprendre ton parcours de reconstruction, tu pourras te tourner vers un ou des spécialistes adaptés pour toi.

Quelques conseils que je peux te donner :

  • Il est préférable que tu te tournes vers des professionnel.les qui sont spécialisés dans les traumatismes sexuels et/ou qui ont déjà accompagnés des victimes de traumatismes sexuels pour que tu te sentes plus à l’aise
  • Avant de prendre rendez-vous avec un.e spécialiste, tu peux, si possible, t’entretenir avec celui-ci/celle-ci par téléphone pour vraiment ressentir l’énergie dans laquelle le/la professionnel.le est
  • Si tu ne te sens pas à l’aise avec un.e spécialiste, sens-toi libre de changer de spécialiste. Tu n’es aucunement obligée de continuer à consulter un.e professionnel.le avec lequel/laquelle ça ne passe pas
Traumatismes sexuels et reconstruction

4. Rejoins si possible un groupe de paroles dans lequel tu pourras échanger avec d’autres survivant.e.s de violences sexuelles

Traumatismes sexuels et reconstruction

Ce n’est pas un secret. On est toujours mieux compris.es par des personnes qui ont vécu la même chose que nous. Si il existe des structures au sein de ta ville qui le permettent, tu peux rejoindre un groupe de paroles d’anciennes victimes de violences sexuelles. 

En rejoignant un tel groupe tu pourras ainsi t’exprimer librement sur ton vécu et trouver avec les autres participants des pistes de guérison/reconstruction. 

Tu peux trouver un annuaire de groupes de paroles pour les victimes de violences et d’agressions sexuelles en cliquant ici.

Tu peux également trouver des annuaires qui regroupent les associations de violences faites aux femmes en cliquant ici et ici.

Si tu souhaites en savoir plus sur mon programme et guérir dans les trois prochains mois, clique sur le bouton ci-dessous :

 

J’espère que cet article va te permettre d’entamer ton processus de reconstruction en douceur

Je t’invite à écrire tes impressions en commentaires!

Je t’invite également à partager cet article autour de toi pour permettre aux victimes de violences sexuelles de 

Article rédigé par Monica G