La pénétration? Aïe! Aïe! Aïe!

Vaginisme : Bon cadenas, mauvaise clef?

Imaginez-vous : Vous avez eu un coup de cœur pour une paire de chaussures taille 38 alors que vous chaussez du 39. Cinq minutes à peine écoulées et vous n’avez envie que d’une seule chose : rentrer chez vous et retirer ces chaussures qui font si mal!

Vous visualisez bien la situation non?

Eh bien, pour le vaginisme c’est pareil. À peine la pénétration (de quelque nature que ce soit) commencée que vous avez envie de tout arrêter, tellement que la douleur est insoutenable. Dans certains cas également, la pénétration est tout simplement impossible. Rien ne peut rentrer. Et cela n’est pas dû à une malformation ou une anomalie au niveau du vagin mais à des causes psychologiques.

Ici, ce n’est là pas la taille qui est mise en cause mais l’esprit. En effet, le vaginisme est un trouble sexuel d’origine psychologique qui se caractérise par la contraction involontaire des muscles du périnée rendant la pénétration douloureuse voire impossible.

Les femmes qui en souffrent sont comme « verrouillées » du vagin et toute tentative de pénétration se solde par une gêne, une sensation de brûlure ou une douleur intense dans la grande majorité des cas. Entre nous, personne ne prend plaisir à ressentir de la douleur. Généralement quand il y en a une c’est que quelque chose ne va pas et cela nous inquiète. Il n’y a donc aucune raison que vous continuiez de souffrir et d’attendre que ça passe. Et pour vous dire la vérité, ça ne passe pas. Pire encore, cela peut s’aggraver avec le temps. Quand ça fait mal c’est qu’il y a un problème. Et comme tout problème, il doit et mérite d’être résolu.

Pour mieux comprendre comment le vaginisme fonctionne, nous allons nous focaliser sur le lien entre la pénétration et la douleur.

  1. Pourquoi mon vagin me fait mal lors de la pénétration?

Le lien entre la pénétration et la douleur, c’est la peur, l’appréhension. Le vaginisme est un trouble sexuel qui est fondé sur la peur de la pénétration. Nous appréhendons la pénétration et plus précisément la douleur que celle-ci pourrait générer. Par conséquent, notre  corps se « protège » inconsciemment et ce que nous redoutons (la douleur) se manifeste dans la réalité.

Nous savons tous que la peur est une émotion particulièrement invalidante qui influence notre manière d’agir. Il suffit de penser à toutes les peurs (rationnelles et irrationnelles) que nous avons et voir comment nous réagissons lorsque l’objet de notre peur se présente à nous.

La pénétration est crainte parce qu’inconsciemment, elle représente un risque, un danger, pour la femme vaginique.

C’est comme si un gigantesque panneau rouge « Attention ! Danger ! Pénétration à venir! » s’illuminait dans notre cerveau et que notre corps et plus particulièrement notre vagin  « se fermait » en conséquence.

  1. Comment faire pour ne plus avoir mal?

C’est exactement la raison pour laquelle vous lisez cet article. Vous voulez des solutions à votre problème et non pas des explications de celui-ci.

Bonne nouvelle pour vous : le vaginisme est un trouble qui se soigne et vous n’êtes pas condamnées à en souffrir toute votre vie.

Je précise qu’aucune femme n’est prédisposée plus qu’une autre à en souffrir. Le vaginisme est un trouble qui peut affecter une femme à tout moment de sa vie : que ce soit au début de sa vie sexuelle, après un accouchement ou bien au début de la ménopause. On ne peut pas prévoir à l’avance d’en souffrir ou pas mais dans le cas où on en souffre, on peut agir.

Dans ce trouble, comme dit plus haut, c’est l’esprit qui est mis en cause donc il est nécessaire de travailler sur celui-ci. Et quel est le meilleur moyen de travailler sur son esprit ? L’écriture !

Pourquoi ?

Parce qu’en écrivant, vos pensées sont matérialisées sur du papier et vous en prenez conscience plus facilement. Bien évidemment que c’est le corps qui souffre dans le vaginisme. Mais qu’est-ce qui contrôle le corps ? L’esprit.

C’est l’esprit qui doit guérir d’abord et le corps suivra en suite. Pour cela, il faut prendre conscience des pensées qui vous viennent à l’esprit avant la pénétration. Prêtez-y attention et écrivez-les sur une feuille. Une fois que celles-ci seront écrites, remplacez-les par des pensées contraires. Si la pensée qui vous vient à l’esprit est « La pénétration est une source de souffrance » remplacez-la par « La pénétration est une source plaisir ». Au début, vous n’y croirez peut-être pas mais je vous garantis qu’à force de lire cette phrase chaque jour, vous allez finir par y croire et celle-ci va s’ancrer dans votre cerveau et la pensée négative disparaîtra. Par conséquent, la peur de la pénétration se fera moins forte.

Le travail de guérison commence dans la tête pour ensuite se manifester dans le monde matériel et surtout, dans votre corps.

3. Ma petite histoire

J’ai découvert que je souffrais de vaginisme l’année dernière en faisant quelques recherches sur internet. J’étais en désarroi. Ma vie sexuelle était devenue un véritable calvaire. J’étais incapable d’insérer mon propre doigt , un tampon dans mon vagin. Et incapable de subir un examen gynécologique. En bref, incapable d’insérer quoi que ce soit dans mon vagin, que ça vienne de moi ou d’une tierce personne.

La pénétration m’angoissait et à chaque fois le moment venu, mes pieds se croisaient, tremblaient et mon vagin se fermait, littéralement.

Un jour, j’en ai eu marre de souffrir. Je voulais avoir des rapports sexuels satisfaisants, pouvoir insérer mon propre doigt dans mon vagin et être d’être examinée sans désagrément, par un gynécologue ou une sage-femme pour savoir si tout allait bien en bas.

Je ne voulais plus me laisser envahir par la peur.

Dans la vie, pour qu’un changement s’opère il faut prendre conscience de ce qui nous freine et poser des actions pour se libérer.

Et j’ai réussi. Ça ne s’est pas fait en jour évidemment. Mais je vous garantis que lorsque vous avez la volonté, le changement ne se fait pas attendre.

Pour guérir, j’ai dû d’abord prendre conscience de mon passé et des idées  préconçues que j’avais sur la sexualité et la pénétration. J’ai dû travailler sur elles et  les remplacer par des idées réalistes, positives.

Pour guérir du vaginisme il faut en connaître la cause ou les causes et les attaquer. La douleur est toujours le symptôme de quelque chose et si on arrive à trouver et attaquer  le« virus », la douleur disparaîtra et le trouble avec.

Dans le prochain article, je me focaliserai sur les traumatismes sexuels pouvant être une cause de vaginisme.

Article rédigé par Monica.G